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Wednesday, April 08, 2009

Les frères Jacques - Barbara (J. Prévert / J. Kosma)

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1. Jacques Prévert (1900-1977)
2. Joseph Kosma (1905-1969)



Barbara


Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là

Et tu marchais souriante

Épanouie, ravie, ruisselante

Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest

Et je t’ai croisé rue de Siam

Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara

Toi que je ne connaissais pas

Toi qui ne me connaissais pas

Rappelle-toi

Rappelle-toi quand même ce jour-là

N’oublie pas

Un homme sous un porche s’abritait

Et il a crié ton nom Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante, ravie, épanouie
Et tu t’es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara

Et ne m’en veux pas si je te tutoie

Je dis tu à tous ceux que j’aime

Même si je ne les ai vu qu’une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s’aiment

Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara

N’oublie pas

Cette pluie sage et heureuse

Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse

Cette pluie sur la mer
Sur l’arsenal

Sur le bateau d’Ouessant

Oh Barbara

Quelle connerie la guerre

Qu’es-tu devenue maintenant

Sous cette pluie de fer
De feu d’acier de sang

Et celui qui te serrait dans ses bras

Amoureusement

Est-il mort disparu ou encore vivant
Oh Barbara

Il pleut sans cesse sur Brest

Comme il pleuvait avant
Mais ce n’est plus pareil et tout est abîmé
C’est une pluie de deuil, terrible et désolée

Ce n’est même plus l’orage
De fer d’acier et de sang

Tout simplement des nuages

Qui crèvent comme des chiens

Des chiens qui disparaissent

Au fil de l’eau sur Brest

Et vont pourrir au loin

Au loin, très loin de Brest

Dont il ne reste rien.


Jacques Prévert - da Paroles, 1946 / musica di Joseph Kosma, 1949

Les frères Jacques

Wednesday, November 29, 2006

Boris Pasternak (1890-1960) - Carmelo Bene (1937-2002)

1. Le onde ...........................2. In morte di Majakovskij

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Monday, November 20, 2006

Giuseppe Ungaretti

L'isola

A una proda ove sera era perenne
di anziane selve assorte, scese,
e s'inoltrò
e lo richiamò rumore di penne
ch'erasi sciolto dallo stridulo
batticuore dell'acqua torrida,
e una larva (languiva
e rifioriva) vide;
ritornato a salire vide
ch'era una ninfa e dormiva
ritta abbracciata a un olmo.

In sé da simulacro a fiamma vera
errando, giunse a un prato ove
l'ombra negli occhi s'addensava
delle vergini come
sera appiè degli ulivi;
distillavano i rami
una pioggia pigra di dardi,
qua pecore s'erano appisolate
sotto il liscio tepore,
altre brucavano
la coltre luminosa;
le mani del pastore erano un vetro
levigato da fioca febbre.

Giuseppe Ungaretti, 1925 - da La fine di Crono, in Sentimento del tempo (1933)



Saturday, November 04, 2006

Pier Paolo Pasolini



Alla mia nazione
Non popolo arabo, non popolo balcanico, non popolo antico
ma nazione vivente, ma nazione europea:
e cosa sei? Terra di infanti, affamati, corrotti,

governanti impiegati di agrari, prefetti codini,
avvocatucci unti di brillantina e i piedi sporchi,

funzionari liberali carogne come gli zii bigotti,
una caserma, un seminario, una spiaggia libera, un casino!
Milioni di piccoli borghesi come milioni di porci

pascolano sospingendosi sotto gli illesi palazzotti,
tra case coloniali scrostate ormai come chiese.
Proprio perché tu sei esistita, ora non esisti,
proprio perché fosti cosciente, sei incosciente.

E solo perché sei
cattolica, non puoi pensare
che il tuo male è tutto male: colpa di ogni male.

Sprofonda in questo tuo bel mare, libera il mondo.


Pier Paolo Pasolini - da Poesie incivili (aprile 1960)
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1. Edvard Munch - Skrik [L'urlo], (1893)
...(Oslo, Munch-museet)
2. Pier Paolo Pasolini